Piquets de protestation contre la nomination d'Egon Krenz à la présidence du Conseil d'État, le 24 octobre 1989, devant le bâtiment du Conseil d'État à Berlin-Est.
Source: picture-alliance/dpa/Wolfgang Kumm

Le 4 novembre 1989

Le 4 novembre 1989 a lieu sur Alexanderplatz la plus grande manifestation critique envers le système de l’histoire de la RDA. Le SED continue de prétendre au pouvoir. Des centaines de milliers de personnes réclament des droits démocratiques et l’abolition du régime à parti unique.

Tous les théâtres de Berlin-Est envoient des représentants pour organiser la grande manifestation. Le comité organisateur négocie avec la police et établit la liste des orateurs. Le 17 octobre 1989, le comédien du Berliner Ensemble Wolfgang Holz (au téléphone) demande l'autorisation pour la manifestation. Le SED et ses fonctionnaires culturels cherchent à garder le contrôle sur les préparatifs. Dans une lettre datée du 2 novembre, Wolfgang Holz rend publique cette tentative d'ingérence.
Source: imago stock & people/Sommer
Le Neues Forum décide d'appeler à une grande manifestation à Berlin-Est. Il demande le soutien des théâtres de la ville. Jutta Seidel, membre du mouvement, rédige une missive destinée à la célèbre comédienne du Deutsches Theater Jutta Wachowiak (avec une banderole, 3e en partant de la gauche).
Source: Robert-Havemann-Gesellschaft/Andreas Kämper
Grande manifestation le 4 novembre 1989, sur Alexanderplatz à Berlin-Est.
Source: ullstein bild/Bildarchiv
Grande manifestation le 4 novembre 1989, sur Alexanderplatz à Berlin-Est.
Source: Landesarchiv Berlin/Klaus Lehnartz
Le 4 novembre 1989, devant le palais de la République. Le bâtiment héberge la Chambre du Peuple, le Parlement de la RDA. Des membres des « brigades combattantes de la classe ouvrière » sont postés à tous les étages pendant la manifestation. Ils devaient se tenir prêts à intervenir, mais veiller à ne pas être vus de l'extérieur par les manifestants. Un an après les événements, un combattant témoigne dans le journal du mouvement pour les droits civiques die andere (l'autre journal). « Pendant tout ce temps, j'étais planté là et je serrais les poings dans mes poches. Je pensais qu'en bas, c'était la contre-révolution. Jamais je n'aurais cru qu'ils étaient aussi nombreux… Qu'est-ce que j'ai pu penser comme conneries, et en faire. »
Source: Archiv Bundesstiftung Aufarbeitung, Bestand Klaus Mehner, Nr. 89_1104_POL-Demo_43
Grande manifestation le 4 novembre 1989, sur Alexanderplatz à Berlin-Est.
Source: Landesarchiv Berlin/Klaus Lehnartz
Die größte Demonstration in der Geschichte der DDR am 4. November 1989 auf dem Alexanderplatz in Ost-Berlin.
Source: Robert-Havemann-Gesellschaft/Andreas Kämper
« Il y a encore assez de forces, qui ne souhaitent pas de changements, qui craignent une nouvelle société et ont aussi toutes les raisons de la craindre. » (Christoph Hein, écrivain)
Source: Bundesarchiv/183-1989-1104-051/Hubert Link
« Les structures existantes […] ne tolèrent pas le changement. Il faut donc les détruire. » (Jan-Josef Liefers, comédien)
Source: Bundesarchiv/183-1989-1104-032/Hubert Link
« Oui, c'est vrai, nous avons retrouvé la voix. Depuis, le monde ne reconnaît plus ce pays assoupi que nous étions. » (Jens Reich, Neues Forum)
Source: Bundesarchiv/183-1989-1104-036/Hubert Link
« Pour moi, ce slogan mille fois répété – Nous sommes le peuple ! – est la phrase la plus importante de ces dernières semaines. » (Christa Wolf, écrivain)
Source: Bundesarchiv/183-1989-1104-060/Hubert Link
« Il faut réfléchir à la question du pouvoir et aux moyens de le contrôler. » (Marianne Birthler, Initiative Frieden und Menschenrechte)
Source: Bundesarchiv/183-1989-1104-043/Hubert Link
« Egon Krenz [...] mérite [...] qu'on lui accorde une chance et la confiance nécessaire à l'exercice de sa fonction. » (Gregor Gysi, SED)
Source: Bundesarchiv/183-1989-1104-042/Hubert Link
Les membres fondateurs du Neues Forum Bärbel Bohley (au centre) et Jutta Seidel (à droite) pendant la manifestation du 4 novembre 1989.
Source: Archiv Bundesstiftung Aufarbeitung, Bestand Klaus Mehner, Nr. 89_1104_POL-Demo_53
Grande manifestation le 4 novembre 1989, sur Alexanderplatz à Berlin-Est.
Source: Robert-Havemann-Gesellschaft/Andreas Kämper
Source: Robert-Havemann-Gesellschaft/Andreas Kämper
Une statue avec un témoignage de sympathie pour Wolf Biermann. Bärbel Bohley du Neues Forum invite Biermann à chanter lors de la manifestation. Cette invitation crée l'émoi, l'auteur-compositeur étant considéré depuis son expulsion en 1976 comme l'ennemi public numéro un. Se présentant le 4 novembre 1989 à la frontière, Biermann se voit refuser l'entrée sur le territoire.
Source: Robert-Havemann-Gesellschaft/Andreas Kämper
Pour le SED, le plus grand risque serait que le cortège de manifestants se dirige vers le Mur de Berlin. Les forces armées empêchent cette éventualité. L'itinéraire du cortège est jalonné de postes d'observation. Dans un rapport daté du 4 novembre 1989, la Stasi se contente de constater l'accélération de la perte de pouvoir : « 10 heures : à la tête du cortège, un enrouleur de câble portant l'inscription : rouleau populaire, l'Histoire ne repasse pas les plats. »
Source: Rolf Zöllner
Pour le SED, le plus grand risque serait que le cortège de manifestants se dirige vers le Mur de Berlin. Les forces armées empêchent cette éventualité. L'itinéraire du cortège est jalonné de postes d'observation. Dans un rapport daté du 4 novembre 1989, la Stasi se contente de constater l'accélération de la perte de pouvoir : « 10 heures : à la tête du cortège, un enrouleur de câble portant l'inscription : rouleau populaire, l'Histoire ne repasse pas les plats. »
Source: Robert-Havemann-Gesellschaft/Rolf Walter

À l'initiative du Neue Forum, les comédiens et artistes berlinois organisent une grande manifestation. La direction du SED accorde certes l'autorisation, mais avec l'intention de la détourner à ses fins propres. Elle redoute par-dessus tout que le cortège dévie de l'itinéraire prévu. C'est pourquoi elle fait bloquer les voies d’accès au Mur par les forces de l'ordre armées.

Beaucoup de personnes venant d'autres villes participent à la manifestation. Sur le podium, des artistes, des militants pour les droits civiques et des membres de l'élite dirigeante prennent la parole. Par la phrase « Wir nehmen uns die Freiheit, die uns zusteht », « Nous nous accordons la liberté qui nous est due », le représentant du Neue Forum exprime l’opinion d'une grande majorité. La plupart des orateurs du SED se font huer. Les banderoles des manifestants expriment clairement l'enjeu : la démocratisation de la RDA. Mais ils ne veulent plus de ce parti.

Le Neues Forum décide d'appeler à une grande manifestation à Berlin-Est. Il demande le soutien des théâtres de la ville. Jutta Seidel, membre du mouvement, rédige une missive destinée à la célèbre comédienne du Deutsches Theater Jutta Wachowiak.
Source: Robert-Havemann-Gesellschaft
Le Neues Forum décide d'appeler à une grande manifestation à Berlin-Est. Il demande le soutien des théâtres de la ville. Jutta Seidel, membre du mouvement, rédige une missive destinée à la célèbre comédienne du Deutsches Theater Jutta Wachowiak.
Source: Robert-Havemann-Gesellschaft
Tous les théâtres de Berlin-Est envoient des représentants pour organiser la grande manifestation. Le comité organisateur négocie avec la police et établit la liste des orateurs. Le 17 octobre 1989, le comédien du Berliner Ensemble Wolfgang Holz demande l'autorisation pour la manifestation. Le SED et ses fonctionnaires culturels cherchent à garder le contrôle sur les préparatifs. Dans une lettre datée du 2 novembre, Wolfgang Holz rend publique cette tentative d'ingérence.
Source: Archiv Deutsches Theater Berlin
Le journal ouest-allemand BILD, daté du 6 novembre 1989, titre en Une : La Révolution.
Source: Bild Zeitung, 06.11.1989
Télégramme du chef d'État et premier secrétaire Egon Krenz aux cadres dirigeants du SED après la manifestation à Berlin-Est, daté du 4 novembre 1989.
Source: Die Bundesbeauftragte für die Unterlagen des Staatssicherheitsdienstes der ehemaligen DDR
Télégramme du chef d'État et premier secrétaire Egon Krenz aux cadres dirigeants du SED après la manifestation à Berlin-Est, daté du 4 novembre 1989.
Source: Die Bundesbeauftragte für die Unterlagen des Staatssicherheitsdienstes der ehemaligen DDR
Un participant à la manifestation berlinoise venu d'Aschersleben écrit aux organisateurs : « C'était un grand jour, […] les visages étaient confiants. » Il fait part de son enthousiasme et demande que cet événement historique soit consigné. Extrait de la lettre, datée du 7 novembre 1989.
Source: Robert-Havemann-Gesellschaft
Un participant à la manifestation berlinoise venu d'Aschersleben écrit aux organisateurs : « C'était un grand jour, […] les visages étaient confiants. » Il fait part de son enthousiasme et demande que cet événement historique soit consigné. Extrait de la lettre, datée du 7 novembre 1989.
Source: Robert-Havemann-Gesellschaft
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