source: Robert-Havemann-Gesellschaft/Dirk Vogel
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Ehrhart Neubert

née en 1940 à Herschdorf

Il fait partie des quelques véritables cerveaux de la Révolution. Alors qu'ailleurs les intellectuels menaient les contestations contre le régime communiste, en RDA, ils se retenaient plutôt. Seulement au sein de l'Église se trouvait une poignée d'universitaires qui réfléchissaient aux possibilités de réformer la dictature communiste par l'intérieur et les théorisaient.

L'un de ces intellectuels engagés était Ehrhart Neubert, qui travaillait depuis 1984 pour la Fédération des Églises évangéliques de la RDA. Il y étudiait le mouvement de contestation naissant au sein de l'Église. À l'été 1989, il profita d'une mission en RFA pour s’immiscer dans un congrès sur la RDA à Bonn et y présenter ses analyses. Dans le contexte de l’époque, une démarche inouïe et qui n'était pas sans danger.

Neubert ne se contentait pas de faire des recherches sur les „groupes socialisants“, nom qu'il avait donné aux groupements indépendants sous la protection de l'Église. Il les soutenait également. Pour ne pas mettre en danger ses recherches conduites avec la protection de l'Église, il préféra rester en retrait et ne pas accéder à la tête du mouvement d'opposition. Il agissait dans l'ombre avec intelligence et habileté. Et il réalisa ce qui allait rester l'une de ses grandes aptitudes : mettre en réseau les différents acteurs.

C'est pourquoi à l'automne 1989, son grand appartement bourgeois situé Wilhelm-Pieck-Straße à Berlin-Est, comptait parmi les lieux de ralliement de l'opposition. C'est là que, sur son initiative, fut fondé le comité pour le réveil démocratique, Demokratischer Aufbruch (DA), qui défendait encore à l'époque „un socialisme démocratique“, mais qui en janvier 1990 formera avec d'autres partis l'alliance pour l'Allemagne (Allianz für Deutschland). Neubert devint alors pour quelque temps un homme politique de métier, représenta le DA à la Table ronde centrale et fit campagne pour les premières élections libres de la RDA. Lorsque les conseillers venant de l'Ouest lui recommandèrent de renoncer à ses cheveux longs, il refusa et se retira d'un monde politique où régnaient de telles exigences.

En janvier 1990, il fit un passage éclair par le parti d'opposition Bündnis 90, avant de retourner là où il se sentait le plus à l'aise : auprès des initiatives citoyennes libres. Dès 1990, il rejoignit le comité pour l'indépendance des pays baltes (Freies Baltikum). En 1996, il fonda le 
Bürgerbüro Berlin, une organisation non gouvernementale qui accompagne et conseille les victimes de persécutions politiques, dans leurs longues démarches pour l'obtention de dédommagements. Il en est le président à l’heure actuelle.

Il fait à nouveau ce que déjà du temps de la RDA il savait le mieux faire : analyser, disserter et surtout, écrire de façon brillante. Pour le 20e anniversaire de la Révolution pacifique, la boucle de sa vie se ferme, avec la présentation sous forme de gros livre de l'histoire de la chute de la dictature communiste, intitulée Unsere Revolution (Notre Révolution). Pourtant, si l’on considère le rôle de Neubert dans la préparation intellectuelle du bouleversement, ce livre aurait aussi bien pu s’intituler Ma Révolution.

Hubertus Knabe

[Translate to Französich:] Im Februar 1990 bringt die Hamburger Zeitschrift Stern mit einer Auflage von einer Million einen Sonderdruck heraus, der in der DDR kostenlos verteilt wird. Das Heft informiert über Parteien und Bürgerbewegungen, die sich im Herbst 1989 neu gegründet haben und sich nun zur Wahl stellen.
source: Harald Schmitt/STERN/Picture Press
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