source: Robert-Havemann-Gesellschaft/Dirk Vogel
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Katrin Hattenhauer

née en 1968 à Nordhausen

Katrin Hattenhauer, l'artiste-peintre. Aimant peindre depuis son plus jeune âge, elle réalisa dans son adolescence les décors pour le théâtre dans sa ville natale. Elle s'était engagée aux côtés de groupes religieux et commença ses études de théologie au séminaire de Leipzig : „Je voulais devenir pasteur, parce que je suis chrétienne et parce que je ne voulais pas servir l'État.“ Bientôt, elle sentit que son engagement politique avait des limites au sein de l'institution chrétienne.

Au séminaire, elle avait une pièce dans laquelle était entreposé un duplicateur pour les tracts de l'opposition. „C'était important pour nous, parce que les perquisitions dans les locaux de l'Église ne pouvaient pas se faire à l’improviste. La Stasi devait annoncer ses visites, ce qui me donnait le temps de cacher l'appareil“, se rappelle Hattenhauer. La Stasi demanda à la direction de renvoyer Hattenhauer. Mais le directeur était derrière elle. Katrin Hattenhauer, alors à peine âgée de 20 ans, céda pour éviter des problèmes au séminaire. À l'époque, elle s'engageait déjà aux côtés du groupe d'opposition Gerechtigkeit. On y était révolutionnaire, on voulait bien faire son „job“, on n'avait peur de rien. 

Le 4 septembre 1989, ce lundi de la foire de Leipzig, Katrin Hattenhauer provoqua une nouvelle fois le pouvoir. Après la prière du lundi, elle distribua des banderoles qu'elle avait dessinées à l'église Saint-Nicolas. Avec Gesine Oltmanns, elle sortit sur le parvis de l’église en brandissant une banderole portant l'inscription : „Pour un pays ouvert avec des citoyens libres“. Cela allait au-delà des revendications de la liberté d'expression et de circulation. Ce slogan réclamait la liberté totale des citoyens de la RDA. Sous l'œil des médias de l'Ouest, le gouvernement ne réagit pas. Une semaine plus tard, la dissidente fut arrêtée. Le 9 octobre 1989, la courageuse révolutionnaire était encore en prison et n'était pas au courant des événements dans les rues de Leipzig. Elle avait bien perçu les bruits de la rue, la prison tremblait, les occupants pensaient que c'était sous l'effet des chars. Ce n'est que le vendredi 13 octobre 1989 qu'elle fut libérée.

En prison, la décision avait mûri de ne plus jamais se soumettre. À l'extérieur, la nouvelle du miracle lui parvint : la plus importante manifestation du lundi avait pu se dérouler dans la paix, malgré le déploiement massif des forces de police. Sa réaction fut d'organiser dans son appartement, situé dans un squat de la Meißnerstraße, l'exposition de ses tableaux intitulée „Magisches Theater“. Elle se souvient : „C'était une action libératrice, par laquelle j'ai pris conscience de vouloir devenir artiste“.

Elle était, elle l'est restée et elle est toujours un être libre. Katrin Hattenhauer peint des tableaux aux couleurs intenses sur des sujets politiques. Elle vit à Berlin, adore l'Italie et a toujours une valise à Leipzig.

Thomas Mayer

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